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Charlotte de River Home, en toute transparence

Mis à jour : juin 26

On a eu la chance de la rencontrer avant un tout petit évènement assez détente, sobrement intitulé : « confinement lié au Covid-19 ».

Et on mesure la chance de ses enfants et de son mari d’avoir été confinés avec un être si solaire, doté d’une énergie si communicative, une personne définitivement rayonnante. Le jour de notre entrevue, elle nous ouvre la porte, elle est au téléphone, ça a l’air important. Elle nous fait des signes que l’on interprète comme : « désolée désolée, ça va pas durer longtemps », « vous pouvez jeter vos affaires par-là », « qu’est ce qu’il parle ! »… Tout ça à grand renfort de gestes dignes d’un agent de piste à Roissy. Cela nous donne plusieurs infos sur elle : 1/ elle bosse beaucoup et semble très sollicitée, 2/ elle est drôle !



Bienvenue chez Charlotte Sineau, fondatrice de River Home une marque de décoration écoresponsable qui créée du beau tout en préservant la planète. River Home c’est aussi un media, éducatif et divertissant qui a pour but de rapprocher les gens de la nature. Et oui il fallait y penser, et Charlotte l’a fait !

Forte de ses convictions elle a déplacé des montagnes, bougé du monde pour bouger les lignes, et tout ça en peu de temps. Car Charlotte est comme ça, elle ne tergiverse pas, elle agit ! Surtout quand il s’agit d’un sujet qui l’anime autant : préserver la planète. Alors les produits de sa marque sont beaux ET responsables : des matières naturelles ou recyclées, des éditions limitées pour éviter la surproduction, des productions locales qui font la part belle à l’artisanat… et tout ça en beau, brut, pur. Qui n’en veut ? Nous !

La dernière-née : la capsule Totem. Trois décorations murales en céramique qui sont, comment dire ça pour que vous compreniez bien ? Sublimes ! Le produit est beau, élégant, délicat tout en ayant du caractère... Autant vous dire qu’ils sont déjà dans notre salon ! Les noms de ces merveilles : Clarence, Cousances, Clain, qui sont en fait des noms de rivières (« Rivières » / « River Home », vous l’avez ?). Mais ce n’est pas uniquement un hommage aux rivières, c’est bien plus que cela, car chez Charlotte, l’eau c’est la vie ! Elle a passé son enfance dans une maison au bord de la Loire, et depuis… toutes ses maisons se sont trouvées proches de l’eau. Voir l’eau, la sentir sous ses pieds, l’entendre ruisseler au loin… des sensations indispensables au bien-être de notre hôte. L’eau est puissante, l’eau vous embarque avec elle, l’eau vous ressource, l’eau est transparente, autant de qualités que l’eau partage avec Charlotte Sin’EAU. Des jumelles.

La puissance, l’énergie de cette fille-là est hautement communicative. Ce moment passé à ses côtés nous a fait l’effet d’une bonne bourrasque en bord de mer : vivifiante !

Enfin, dans l’univers de Charlotte, tout est transparent : son discours est limpide, ses idées claires, la provenance des produits qu’elle affectionne est traçable, son rapport aux gens est sans faux semblants, son rire en cascade ne saurait tricher… Et son intérieur coule de source bien sûr.






Quand on entre chez elle, c’est cette même transparence qui nous marque instantanément : des fenêtres partout, vue sur ciel, vue sur Loire, vue dégagée… C’est comme si dehors était dedans et inversement. On respire ! Les espaces sont bien pensés, l’ensemble est zen, décoré avec goût et surtout pas surchargés. Tout ici est fluide : on circule, les bonnes ondes circulent aussi, ça se sent ! Comme nous le confesse Charlotte, elle n’est pas très attachée aux lieux, elle n’en garde toujours que le principal pour elle : l’histoire qu’elle y a vécue.

D’ailleurs, Charlotte a, depuis notre entrevue, déménagé. Dans une maison située tout proche d’un élément qu’on vous laisse deviner (un indice : ce n’est ni la terre, ni le feu, ni le vent...). Les lieux passent, les histoires restent, et la vue sur l’eau elle, est immuable. Durable. Comme ses idées, ses produits et son énergie !


Que fais-tu dans la vie ?

J’essaie d’éduquer les gens à consommer de la déco plus responsable ! Il y a plus d'un an, j’ai lancé ma boite de décoration. Il y a 4 ans, lorsqu’on a acheté ce beau presbytère (sa maison, dont elle a depuis déménagé, ndlr), j’ai commencé à regarder ce qu’on allait mettre dedans et je me suis rendue compte que je ne trouvais pas du tout ce dont j’avais envie. Parce que je consommais déjà bio, je consommais déjà du prêt-à-porter avec une traçabilité, une transparence... Et clairement, en décoration, c’était le néant… Ca n'était que de la 2e main, qui était déjà prise d’assaut avant que je n’achète, ou alors c’était trop cher, ou alors pas en très bon état... J’ai donc galéré sur la 2e main qui aurait pu être une bonne option, et je me suis dit : comment je fais pour acheter des objets cleans, des objets qui proviennent d’usines propres, qui n’ont pas été fabriqués par des enfants, des produits qui ont une composition recyclée, bio…  ! Je me suis dit : il y a peut-être un truc à faire ! Au final j’ai meublé avec les moyens du bord, et j’ai acheté un max de meubles en bois recyclé… Mais j’ai surtout pensé qu’il était temps que je monte ma boite de déco éco-responsable.






Quel est ton parcours ?

Avant tout ça… J’étais chef de produit, acheteuse pour des grands groupes de déco, j’ai toujours été fan de déco. Je suis restée 7 ans dans une grande enseigne en tant que chef de produit : je faisais du management, du style, des achats, du sourcing. J’étais une des premières et même LA première acheteuse dans cette équipe, à être sensible aux produits responsables. Je suis partie avec la responsable RSE de ce groupe (RSE : responsabilité sociale et environnementale, ndlr) faire des tours dans les usines qui produisaient pour nous. On faisait des audits sociaux, on regardait comment ils recyclaient l’eau, on regardait la traçabilité… A l’époque ce n’était pas une priorité, mais pour moi ça a toujours été important. J’ai toujours eu une conscience sociale et environnementale. On est parties au Pérou avec la responsable RSE, pendant 10 jours. Et ça a été le début de mon cheminement pour monter ma boîte.

J’ai quitté ce grand groupe, pour en rejoindre un autre. Et puis je suis tombée enceinte de mon 2e enfant. Au bout de quelques mois, j’ai eu des contractions, et j'ai du être alitée. J’en ai profité pour lire énormément, genre 10 livres par semaine ! Des livres sur le développement personnel ou des parcours très inspirants comme celui du fondateur de Nature et Découverte (François Lemarchand, ndlr). Vraiment je mûrissais mon projet de boîte. Après avoir accouché de mon 2e enfant, j'ai repris le travail mais tout en ayant en tête ce projet perso. J'ai expliqué à mes employeurs que je reprenais mais juste le temps de former quelqu’un car je comptais partir pour monter ma boîte. Au bout de 2 mois, mon fils nous a fait une très grosse frayeur ; je décide alors de prendre un congé parental directement après mon congé mat pour rester à ses côtés. Mes employeurs ont été super, ils m’ont dit de prendre mon temps. Et puis un jour, ils m’appellent et me disent qu'ils souhaiteraient que je leur pitche mon concept de boite… Pendant les siestes de mon fils j’ai bossé, bossé pour leur présenter un business plan. 1 mois plus tard je leur présente mon idée... Et ils décident d’investir ! J'ai dû décliner leur offre mais ensuite j’ai rencontré un incubateur, incarné par Rob Spiro, qui a décidé de me suivre avec d’autres investisseurs… Et puis finalement, tout s’est fait assez simplement !

Pourquoi River home? À la base ça devait s’appeler « Slow-home ». Et je me disais : « c’est cool parce que ça veut dire aussi "ralentissez" votre consommation ». J’allais déposer le nom un matin… et là j’arrive sur le site de l’INPI, et je lis « déposé il y a une semaine », alors que j’avais checké 10 jours avant ! Incroyable ! J'étais évidemment dépitée... Je ressors ma liste... parce que j’avais fait une liste pendant des jours et des jours. Il y en avait un qui me plaisait... Il ne faut pas que je me mette à pleurer (Charlotte est très émue en évoquant cela). En fait River Home ça vient de mon enfance. Mais parents vivaient à Paris et un jour ils se sont dit : « on a envie de voir grandir nos enfants au vert ». Donc ils ont posé leur démission, ils ont fait les valises et on a atterri dans la région de Nantes dans un petit village trop mignon. Ils se sont mis à chercher une maison à acheter et ils ont trouvé, entre Nantes et Angers, une jolie maison au bord d’une rivière. J’ai grandi dans cette maison avec mes frères, c’était un peu la maison du bonheur : tous les cousins venaient l’été, c’était une maison super chouette. Et quand j’ai acheté ma première maison avec mon mari... On en a trouvé une au bord de la Loire. A ce moment-là, je me souviens avoir dit à mon mari : « après cette maison ça va être difficile d’en trouver une parce que vraiment la vue sur la Loire c’est extraordinaire ». J’adore être proche de l’eau, c’est extrêmement apaisant, j’adore le bruit de l’eau… Et du coup River Home ça a beaucoup de signification. J’ai perdu mon papa il y a 2 ans environ, et je sais comme il aimait la maison dans laquelle j’ai grandi et dans laquelle il vivait encore quand il a disparu. Donc voilà pourquoi River Home, d’un coup, ça m’a paru évident. Ça a été difficile pour moi de sortir ce nom, j’étais en larmes quand j’ai annoncé à mon équipe que j’avais trouvé… Le fait est que j’aime l’eau, j’ai un vrai rapport à l’eau, j’adore nager, j’adore me balader au bord de l’eau, c’est vraiment un élément qui est très important pour moi.



Quel est l’esprit de River Home? On va vraiment essayer d’éduquer entre guillemets les gens à la consommation de décoration et de mobilier responsable. Par exemple, l’intérieur de nos coussins a été réalisé avec des bouteilles recyclées, on a fait un modèle de lampe avec du verre recyclé. Le but est d’avoir des composants innovants grâce à des produits dont on ne se sert plus, pour leur donner une seconde vie.

NDLR : Depuis notre entrevue, Charlotte a monté avec Denis Castin (fondateur de l’association « Un toit à moi »), le collectif : Bien chez moi. En partenariat avec des marques et des associations, ce collectif propose des logements redécorés aux sans abris, pour y créer des lieux où le bien être règne.

Qu’est-ce que River Home t’apporte au quotidien? C’est beaucoup de bonheur... et beaucoup d’emmerdes! Comme les enfants! (Elle rit). Non mais je plaisante : ça m’apporte beaucoup de bonheur, beaucoup de liberté parce qu’aujourd’hui je suis libre de faire mes choix. Et la liberté aussi d’organiser ton temps comme tu l’entends. Ce n’est même pas uniquement une liberté en terme d’horaire ou en terme de matériel, c’est surtout une liberté de penser! L’ADN de ma boîte c’est moi qui l’ai choisi, les gens avec qui je travaille c’est moi qui les choisis... Et ça, ça n’a pas de prix ! J’aime fédérer les gens, fédérer des équipes par exemple. Quand j’ai dû lever des fonds pour ma société on m’avait prévenue que ça n’allait pas être facile. Et en fin de compte, je me suis démenée et comme j’aime rassembler les gens, en fait la levée de fonds a été très rapide. Et je pense que c’est une force de pouvoir emmener les gens vers une même vision. Dans mes anciens boulots, je suis parfois arrivée dans des équipes où l’ambiance n’était pas idéale, et en fait j’adore mettre l’ambiance dans une équipe et fédérer les gens autour de moi. Je pense que c’est une vraie force !  Et surtout j’aime ça, j’aime les gens : je suis convaincue que chacun dans une équipe a son mot à dire. Je trouve ça bien de pouvoir avoir un management horizontal : chacun amène sa pierre à l’édifice, chacun est humble sur ses fonctions. C’est fondamental pour moi que chacun s’écoute. J’essaie vraiment d’instaurer ça. Pour moi quelle que soit l’ancienneté, ou l’échelon auquel on est, c’est le même poids, la même voix. Je trouve que ça apporte vraiment quelque chose en terme de réflexion et en plus les gens sont heureux d’apporter leur pierre à l’édifice.

Aujourd’hui, est-ce que, ce que tu fais et ce que tu es, sont reliés ? Clairement oui ! À fond ! Tout ! Les valeurs, l’équipe… Je pense que je ne pourrai pas faire ça si ça ne correspondait pas à mes valeurs. Je pense que je ne peux pas travailler si je ne me retrouve pas humainement dans les gens avec qui je travaille. J’ai vraiment besoin de travailler avec des gens sympas avec qui je pourrais aller boire une bière demain, des gens bienveillants ! Je reconnais que ce n’est pas toujours facile ce genre de management, parce que du coup tout est un peu mélangé : l’affect et le pro. Mais je ne pourrai pas fonctionner autrement, ça serait contre nature.

En quoi l’esprit de River Home réside chez toi ?

Quand on est arrivés ici, on a essayé au maximum de garder l’âme de la maison. On ne voulait surtout pas rénover de manière jusqu’au-boutiste et perdre le charme de l’ancien.

Par exemple on a gardé les crémones des vieilles fenêtres qu’on a rénovées et réutilisées, on a gardé au maximum le parquet d’origine. On a récupéré les vieux volets pour en faire des têtes de lit, les anciennes poutres sont utilisées dans les salles de bain. On a vraiment récupéré un maximum de matériaux pour leur donner une seconde vie. Comme ça, on a pu mêler l’esprit ancien et le moderne. Donc c’est un peu comme l’esprit de River Home car il y a beaucoup de recyclé, de bois récupéré, de matières naturelles… On a fait travailler des artisans locaux aussi : la cuisine a été réalisée par un menuisier local, les carreaux de ciment également, on a essayé de faire ça le plus localement possible dès qu’on le pouvait.







Tu sensibilise tes enfants à l’éco-responsabilité ? Oui beaucoup. Le terme que mon fils utilise c’est « bobo planète ». Même le petit qui a un an et demi, sait que le carton ne se jette pas avec le reste. Je ne les frustre surtout pas mais c’est vrai qu’ils sont assez sensibles à tout ça. La pièce que tu préfères chez toi ? Je pense que c’est ma salle de bain (elle rit, ndlr)! Parce que toujours ce rapport particulier avec l’eau. Qu’est-ce qu’on entend chez toi ? Les oiseaux ! (elle se lève et ouvre la fenêtre. On confirme : on entend bien les oiseaux, ndlr) Quelle est ta matière préférée ? Le bois, parce que c’est naturel et qu’il peut être très beau tout de suite. Il n’a pas besoin d’être forcément manipulé, moi je l’aime à l’état brut. Et puis j’aime toutes les matières recyclées : cette table-là par exemple (sa table de salle à manger) c’est en bois recyclé, la console c’est du recyclé, ce meuble là aussi c’est du recyclé... J’aime bien quand c’est brut, pas trop trop retravaillé. Ton objet déco favori ? J’adore mon bronze. Je l’ai trouvé dans une petite galerie d’art à Lorient et j’ai flashé dessus. Est-ce que tu as une obsession déco? Alors oui, c’est une catastrophe ! C’est toute la verrerie. Des bonbonnières par exemple, j’en ai partout : dans la salle de bain, dans la cuisine... Je trouve ça pratique et très joli. Est-ce que tu as eu un coup de cœur en arrivant dans cette maison ? En fait pour être honnête, quand on est arrivés ici je n’ai pas forcément eu le coup de cœur. Mon mari si ! Là, nous allons déménager, et je n’ai pas forcément eu le coup de cœur non plus dans la prochaine maison. Mais en fait je crois que je suis plus attachée aux histoires qu’aux lieux en tant que tels. Je ne garde des lieux que le principal : les histoires qu’on a vécues dedans. Est-ce que vous avez des rituels ici ? Alors oui, et c’est un rituel qui date de mon enfance : tous les dimanches soirs on mange des pâtes au jambon et à la crème, et on a le droit à une minute de gros mots ! Quand on était petits, ma mère avait décrété que le dimanche elle ne faisait pas la cuisine donc c’est mon papa qui nous faisait des pâtes. Et comme le reste de la semaine on n’avait pas le droit de dire des gros mots bien sûr, pour ne pas qu’on soit trop frustrés, on avait le droit à cette minute de gros mots le dimanche soir ! Sinon le mardi, c’est crêpes ! Et puis le week-end, on se balade au bord de la Loire.







Tu cuisines beaucoup ? J’adore ça ! En revanche, je suis la cuisinière spontanée ! C’est-à-dire que pour moi suivre une recette ce n’est pas cuisiner ! Je déduis des choses de recettes que je sais faire et je les applique à d’autres recettes que j’invente. J’adore tester des nouvelles choses, des nouvelles épices…Bon parfois, évidemment, il y a des loupés ! Quelles sont les lieux qui t’inspirent ? J’aime les lieux spirituels... Ici par exemple, c’était un ancien presbytère. J’aime les lieux qui ont des histoires, une âme un peu différente. J’aime bien les lieux un peu chargés. J’ai beaucoup voyagé en Inde par exemple, et j’ai adoré les temples là-bas... Un intérieur réussi pour toi c’est quoi ? C’est un intérieur où on se sent bien. Un intérieur qui ressemble à ceux qui y vivent. Je suis assez sensible aux ondes qui se dégagent d’un lieu. Selon moi, quelqu’un de chaleureux aura un intérieur très chaleureux et accueillant.










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