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Camille de Bachca, le goût de l'équilibre

Mis à jour : mars 10

Habituées aux samedis matins tumultueux (chez nous), on arrive dans un écrin de coton (chez elle). On a laissé les cris de petits fauves (les nôtres), pensant en trouver d’autres (les siens), et puis on sonne… et rien ! Pas un cri, pas un râle, pas un tigre… Elle nous accueille avec son doux sourire, le « bonjour » supra chaleureux. Puis suivront 7 autres « bonjour » : son mari, ses parents charmants, et ses 4 enfants ! Vous voyez l’image de la maison du bonheur : où les enfants jouent tranquillement sans volume sonore excessif : des jumeaux (regard qui brille et œil qui frise), une grande fille belle et sage, et la petite dernière coquinette à couettes… Tout ça dans une sublime demeure aux volumes majestueux ! Voilà, cette image-là, et bien elle se déroule là, sous nos yeux. Mais attention, pas la maison du bonheur version Ricorée édulcorée, non celle de la vraie vie. Avec notre hôte du jour en guise de maitresse de maison : une fille détendue, cool, qu’on pourrait connaître depuis 15 ans tellement l’accueil est direct.

Alors voilà, on annonce : la douceur de vivre existe, bienvenu chez elle !





Elle, c’est Camille de Bascher, fondatrice de la marque de produits de beauté Bachca : des brosses à cheveux, des pinceaux à maquillage, des sets de manucure, des barrettes… Et tout ça, modèles 7.0 des produits de beauté. A savoir : de belles matières qui passent les siècles (du bois notamment), et de délicates lignes de produits que l’on peut être fier d’exhiber dans sa salle de bain. Tout cela à un prix franchement raisonnable, surtout quand on en connait la durée de vie. Notre équipe de contrôle qualité (composée des mêmes fauves que sus cités) a testé les brosses : on peut s’y faire les dents, les griffes, les jeter par terre (47 fois dont 3 fois avec élan), et surtout s’y brosser la crinière sans heurts et ça… c’est de l’art ! Des petits bijoux sortis tous droits de la tête décidément bien faîte de Camille. Quand elle a quitté son poste de directrice marketing d’une grande enseigne spécialisée dans les produits de beauté, elle avait déjà en tête précisément ce qu’elle voulait faire. Et boum ! Avec elle, ça trace, Camille suit le fil de ses pensées. Avant tout elle ne s’encombre pas : elle travaille seule pour commencer. Pas tellement besoin des autres puisqu’elle sait exactement où elle veut aller. Elle imagine, dessine, se pare des meilleurs matériaux dans chaque catégorie : nylon, bois... Les lignes sont sobres, épurées, les couleurs douces, organiques. Ça va vite vous trouvez ? Et bien oui, elle a filé ! Comme tous les génies qui ont de la suite dans les idées. Sur son fil, Camille garde l’équilibre : et notamment celui entre vie pro et vie de famille. C’est aussi pour ses enfants qu’elle a fait le choix de l’auto-entreprenariat. Elle avait son cap en tête et elle s’est évertuée à le tenir, pour le bien-être de tous. Camille a les idées claires, les pieds sur terre, et dans le fond du regard une lumière délicate. Elle est délicate Camille, vraiment. Et elle a du caractère. Le caractère de ceux qui savent ce qu’ils aiment, savent ce qu’ils veulent, savent où ils vont.


Alors chez elle, forcément, elle a du goût ! Elle ne suit pas la « tendance », elle a façonné son intérieur en y mettant ce qu’elle aime : beaucoup de bois, qui lui rappelle son papa, ancien menuisier, des couleurs sobres mais franches, pas de semi-bleu, de demi-vert, non ! L’éclairage est subtil, un point ici, un point-là, il met en valeur les choses, les pièces. On ne pensait pas dire ça un jour mais cet intérieur est intelligent. Il fait du bien aux yeux, du bien à la tête, comme notre entretien avec elle. Et puis, ici, rien n’est surchargé ! Pourtant Camille aime le passage, les gens qui s’invitent, les copains, la famille, les grandes tablées…qu’elle accueille à bras ouverts ! Le regard droit, les bras ouverts donc, Camille suit sa voie, son fil : une équilibriste on vous dit ! Et nous, en attendant, on retourne dompter nos fauves.






Que fais-tu dans la vie ?

J’ai lancé Bachca il y a 3 ans et demi après avoir travaillé plus de 11 ans pour un fournisseur de la grande distribution en accessoires de beauté. Je développais des gammes d’accessoires de coiffure, d’accessoires de manucure mais pour la grande distribution. Et au bout de 11 ans de bons et loyaux services, j’ai eu envie de m’adresser à une autre cible. J’ai pu profiter des contacts que j’avais avec les fournisseurs en Asie. Je savais qu’ils étaient capables de faire de la super qualité. Donc je me suis dit que c’etait dommage de rabaisser toujours les prix et de leur demander de faire des produits cheap. Et j’ai donc décidé de lancer une gamme de produits aux prix un peu plus élevés, qui s’adresse à des boutiques indépendantes et des grands magasins. J’ai donc développé une gamme de produits plus qualitative que ce que je faisais avant : avec des plus jolies matières, plus design, avec un packaging étudié. Je l’ai designée en me disant : « c’est moi la consommatrice ». A ce moment-là sur le marché, il n’y avait rien qui me faisait envie dans ces catégories de produits. Si moi je ne trouvais pas mon bonheur, il devait y avoir d’autres personnes dans mon cas. J’ai lancé Bachca en me disant : je suis la consommatrice et si ça me plait, ça plaira sûrement à d’autres !






Ce secteur t’a toujours intéressé ?

J’ai fait une école de commerce et mon premier job après l’école c’était dans la société dans laquelle je suis restée 11 ans avant de lancé Bachca. C’était une toute petite société quand je suis arrivée, et quand je suis partie la boite comptait 150 personnes donc j’ai vraiment grandi avec elle. J’ai vraiment eu la possibilité de développer les gammes, d’aller voir les fournisseurs en Asie... ça a été une super formation ! Mais bon au bout de 11 ans… J’avais du mal à me dire que je pouvais évoluer plus : j’étais directrice marketing. En plus, je m’étais éloignée du produit parce que je manageais une équipe de 15 chefs de produits… Alors que le produit c’est vraiment ce qui m'anime. Donc j’avais envie de redevenir chef de produit tout en gardant les responsabilités que j’avais. Et de créer sa société c’est un super compromis : je touche au produit parce que c’est moi qui design tout, mais j’ai aussi des contraintes de compta’ que j’aime gérer aussi d’ailleurs, tout l’aspect financier… Ca regroupe tout le commerce à 360 que j’aime !


Comment s’est fait la transition vers ta propre entreprise ?

L’idée de créer ma marque, je l’avais en tête… J’ai quitté mon poste et je me suis tout de suite plongée dans la création de cette marque. Je connaissais par cœur l’étude de marché : je voyais bien qu’entre les produits cheap de la grande distribution et les produits de luxe très chers et un peu ringards, il y avait un manque… Je me suis dit que j’allais me positionner là. J’ai donc tout de suite contacté les fournisseurs que je connaissais : je voulais les challenger sur d’autres matières… J’ai travaillé avec une amie designer pour dessiner une nouvelle brosse. C’est vraiment LE produit sur lequel j’ai le plus travaillé ! Parce qu’il n’y avait vraiment rien sur les brosses. Alors que tout le monde a une brosse chez soi ! Je m’y suis mise très rapidement parce que j’y ai toujours cru. Ça ne m’a jamais empêché de dormir, alors qu’avant je passais des nuits blanches à mouliner pour le boulot. Là je me sentais libérée : c’est ce que je devais faire, j’en étais vraiment convaincue. Et du coup ça s’est fait très naturellement. J’ai mis un an à développer les produits et au bout d’un an je lançais Bachca. Ça a été assez rapide…


C’est toi qui dessines les produits ?

Pour la brosse j’ai travaillé en collaboration avec un designer, mais tous les produits, c’est moi qui les ai dessinés. Après, mes fournisseurs me proposent des choses et moi je les adapte à l’image Bachca. Et les packagings en revanche c’est moi. J’ai essayé de travailler avec des graphistes... Mais j’étais tellement pointilleuse et je savais tellement ce que je voulais ! Comme je sais bidouiller sur Illustrator (logiciel de design graphique, ndlr) … Donc je me suis dit : ce losange, cette couleur… et au fur et à mesure ça a fait l’image de Bachca. Ça fait 3 ans et demi que je n’ai pas touché au packaging des brosses et je trouve que ça « vieillit » assez bien. On croise les doigts ! Même si je sais qu’il faut se renouveler en permanence. Ce qui est super avec Bachca : c’est que ce sont des produits intemporels. Il n’y a pas de collection été/hiver. C’est un produit simple, un bon créneau.




Quels matériaux tu as choisis d’utiliser ?

Je voulais dans chaque catégorie de produits : des best-seller. Je voulais faire des basiques dont on a besoin tous les jours. Pour les brosses, j’ai pris les picots en nylon que moi je trouvais hyper efficace. Ils ne sont pas du tout utilisés aujourd’hui dans le commerce parce qu’en général c’est soit des picots en plastique, soit en bois et c'est une torture pour les cheveux  ! Alors que le nylon c’est souple et ça ne fait pas mal. Et je l’ai associé au sanglier : nylon/sanglier c’est une combinaison qui n’existait pas sur le marché. Ça démêle, ça lisse et ça fait briller avec les poils de sangliers. Et c’est vrai que la force de Bachca c’est que les gens les achètent parce que le produit est joli bien sûr mais qu’en plus, à l’utilisation, tout le monde me dit « tu as changé mon quotidien !». J’ai vraiment travaillé les meilleurs produits de chaque catégorie avec les meilleurs fournisseurs, les meilleures matières. Ce qui fait, au final, un combiné très acceptable en termes de prix. A la croisée des chemins, pour que ça reste un produit abordable avec une bonne qualité.


Tu développes toujours la gamme ?

En tout premier, j’ai lancé les brosses et les pinceaux. Les brosses parce que pas je ne trouvais pas ce que je voulais sur le marché. Les pinceaux parce qu’il y avait beaucoup de pinceaux moches sur le marché et que je n’avais pas envie d’avoir ça dans ma salle de bain ! Ensuite j’ai développé les accessoires de coiffure : les barrettes et les élastiques. L’année dernière, j’ai lancé la manucure. J’ai lancé plein de coffrets pour Noël : des coffrets pour bébé… J’ai fait des éditions limitées pour les fêtes de fin d’année. Là je travaille sur des développements beaucoup plus longs. Je travaille sur une gamme de produits pour le démaquillage.

(Le facteur sonne) Ca doit être mes colis de brosses personnalisées ! (Ah oui ? Parce qu’il y a ça aussi ?!)

Je veux développer aussi des accessoires réutilisables pour le démaquillage. L’objectif de la marque c’était aussi d’arrêter de faire des brosses et des accessoires qu’on jette parce que la brosse se casse quand elle tombe par terre. Je voulais vraiment faire des choses qui durent dans le temps : en hêtre avec des matériaux qui résistent. Qu’on ne soit pas dans le « j’achète, je jette ».



Qu’est-ce que Bachca t’apporte personnellement ?

Dans le fait de créer ma boite, je voulais construire quelque chose mais aussi pouvoir gérer mon emploi du temps avec mes enfants (Camille a 4 enfants, ndlr). J’avais passé des années à bosser comme une folle, je n’avais pas vu grandir les 3 ainés. Donc je me suis dit : plus jamais ! Je veux voir mes enfants, je veux pouvoir aller les chercher de temps en temps à l’école et avoir mes mercredis. Mais c’est vraiment quelque chose auquel je tiens. Et je ne veux pas lâcher là-dessus parce que je pourrais toujours en faire plus et travailler aussi le mercredi par exemple. Mais je n’ai pas envie parce que je veux préserver mon équilibre familial que je trouve parfait aujourd’hui. Du coup, je travaille jusqu’à 18h tous les soirs alors qu’avant je rentrais à 20h pour libérer ma nounou , et je ne les voyais pas. Sinon c’est sûr que tu peux toujours te laisser déborder, mais là je m’efforce de ne pas répondre aux mails, de fermer mon ordinateur passée une certaine heure.

Et puis j’ai mis longtemps à embaucher parce que toute seule, je suis un bulldozer ! Pas de collègue à qui parler ! Du coup, seule, j’ai vraiment tracé. Je suis évidemment ravie d’avoir Clémence aujourd’hui, mais j’ai adoré aussi travailler toute seule un temps. Parce qu’à 9h tout le monde était parti à l’école, à 9h05 j’étais déjà devant mon ordi en train d’écrire mes mails… Et comme je travaille chez moi, j’étais efficace direct. Aujourd’hui il faut que je grandisse et que je prenne des bureaux.


En quoi tu bouges les lignes ?

Sur des produits qui restent standard, les brosses notamment, on a de la qualité tout en ayant de l’innovation. Et puis je voulais un produit qui change la vie des gens : se brosser les cheveux en douceur et avec les cheveux qui brillent à la fin ! En tout cas, ça a changé la vie de ma fille. Je ne pouvais pas la coiffer et aujourd’hui c’est facile !



Est-ce que tu es et ce que fais, c’est aligné aujourd’hui ?

Ah ouais ! Je pense que ça se ressens dans ce que je fais. J’ai tout fait avec le cœur. Je me suis vraiment mis dans la peau de la consommatrice, et ça m’a fait un bien fou de le faire avec le cœur. Et puis j’ai trouvé un véritable équilibre entre vie perso et vie pro. Ça nous a permis de nous décrocher de Paris et de déménager à Nantes. Parce que je pouvais travailler de partout. Je suis à l’apothéose d’un équilibre que je cherchais depuis longtemps.


Qu’est ce qui t’anime dans la vie ?

La création ! Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de développement produit ces dernières semaines. J’ai pu m’y remettre hier par exemple. J’aimerai bien y passer plus de temps et déléguer la partie opérationnelle. Quand j’ai le temps : de me poser sur mes packs, sur mes produits, choisir les couleurs… Ca, vraiment, j’adore ! Et puis après, ma famille me nourrit beaucoup évidemment. Passer du temps avec mes enfants, même à ne rien faire !





Quelles sont les connexions entre toi et chez toi ?

Ce qui me pesait avant c’est que j’étais dans le milieu de la beauté alors que j’ai toujours rêvé d’être dans le milieu de la déco. J’ai toujours aimé les beaux objets alors que je n’ai jamais été très coquette. Et je trouve qu’avec Bachca j’ai réussi un entre deux : j’ai gardé mon expérience dans la beauté mais j’en ai fait des objets déco. C’est pour ça que le premier salon que j’ai fait avec Bachca c’était le salon Maison et Objet. Ce sont des objets qu’on laisse dans sa salle de bain… Dans les grands magasins où il y a des petits coins Bachca, à chaque fois je me dis que je veux qu’on s’y sente bien : des couleurs douces, des jolies matières, c’est chaleureux… C’est essentiel pour moi ! Et chez nous, je pense qu’on retrouve cet esprit partout : la couleur douce des murs, il y a du bois, beaucoup, des pièces chaleureuses, avec des ambiances où il fait bon vivre. C’est ce que j’essaie de faire dans l’univers de Bachca…



Quels univers tu aimes ?

C’est vraiment grâce à mes parents que j’ai le goût des jolies choses… Mon père était menuisier : j’ai vraiment un truc avec le bois. Quand j’arrive dans les usines de bois, l’odeur me ramène 20 ans en arrière. Ça joue beaucoup… Et ma maman est très forte en déco, en peinture elle a vraiment l’œil. Elle nous a inculqué ça depuis tout petits. Ma sœur est devenue architecte… Je les remercie pour ça ! Parce qu’aujourd’hui on s’en sert tellement ! On a vraiment baigné dans le beau, dans le visuel et ça a éduqué notre œil.


Quelle est ta pièce préférée ?

Mon salon ! Depuis peu de temps… On a eu du mal à faire cette pièce parce qu’elle est assez sombre. Mais on a enfin réussi à en faire un endroit chaleureux. Ce que j’aime c’est qu’il y a plein de petits ateliers : ma fille ainée fait des dessins là, les jumeaux jouent là, mon mari joue au piano et ma petite dernière qui dessine ici… Et la cheminée évidemment !








Qu’est ce qu’on entend chez toi ?

Des enfants qui jouent… plutôt calmement. Toujours un fond musical. La cuisine : beaucoup ! Je m’éclate, j’aime bien ça… Parfois je me prends même trop la tête. Donc il y a toujours un fond de bruit de vaisselle !



Quelle est ta matière préférée ?

Le bois ! Sans hésiter…


Ton objet déco favori ?

Les lampes parce que l’éclairage, la chaleur…. Je bug sur les lampes ! J’ai mis longtemps à découvrir mon équilibre luminaire.




Qui gère la déco chez toi?

Mon mari s’en fout complètement ! Je suis ravie comme ça je fais tout ce que je veux !


Est-ce que vous avez des rituels en famille ?

Le point de réunion le matin c’est dans notre lit ! Quand on a emménagé ici on s’est offert un lit immense pour que tout le monde vienne dans notre lit le matin. Dans la cuisine aussi c’est sympa parce que les enfants m’aident un peu… La cuisine c’est la vraie pièce de vie. C’est une pièce plus d’été, et le salon plus d’hiver.







Quels sont les lieux qui t’inspirent ?

La maison de ma grand-mère maternelle. Elle n’est pas spécialement « déco » mais elle est hyper chaleureuse, accueillante. C’est une maison où il y avait beaucoup de passages, des repas à 20 et si du monde s’invite et ba on rajoute un poulet ! Ça me berce encore aujourd’hui et c’est un peu mon objectif avoir du monde qui passe tout le temps, la famille les copains… C’est ce que j’aime et ce que je tente de recréer ici.


Un intérieur réussi pour toi c’est quoi ?

Ça passe forcément par l’éclairage ! La chaleur d’un éclairage… Dès que les lumières sont trop froides, trop directes, j’aime moins. La lumière fait tout !



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