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Clémentine de Bliss Stories, la prêtresse des histoires !

Mis à jour : 16 déc. 2019



Elle a un sourire qui fait 5 fois le tour de son appartement, elle a l’accueil plus que chaleureux, elle a des enfants polis et charmants (apparemment ça existe !), elle a un amoureux fan de Bob Dylan donc forcément très cool… Elle nous a fait un thé, elle nous a fait rire et puis elle a refait un thé. Elle a partagé avec nous son parcours atypique et nous a

ouvert les portes de son cocon parisien…


Elle, c’est Clémentine Galey, créatrice du podcast « Bliss Stories », un podcast qui réunit en moyenne 100000 écoutes par « story » (4 millions en cumulé), rien que ça!




Depuis 2 ans, Clémentine a ouvert la voie et la voix à un territoire infini et jusqu’alors peu mis en lumière: la maternité. Un sujet qui lui (nous) tient à cœur. Grâce à Bliss Stories, Clémentine a totalement décomplexé la parole des femmes sur leur rapport à la maternité. Chaque semaine, elle reçoit à son micro une femme (et même un homme!) qui lui raconte son expérience. Clémentine est une hôte attentive, douce et qui visiblement met à l’aise ses invités. Les femmes se livrent sans filtres et « sans compromis » comme le rappelle Clémentine au début de chaque histoire. Avec ces femmes, on rit, on pleure, on s’identifie parfois, on apprend beaucoup. Bliss donne foi en l’humain, Bliss fait du bien, et c’est pas rien !


Ce podcast est devenu un véritable phénomène : un « tips » que donnent les sages-femmes à la maternité : « écoutez Bliss Madame, ça va vous détendre! Et respirez ! », une bibliothèque d’histoires de mamans qu’on aime se raconter entre copines comme les meilleurs scénarios de films qu’il nous avait jamais été donné de voir (entendre en l’occurrence), une pommade pour se faire du bien quand on doute de notre rôle de mère (23h/24 donc…), un quatre quart moelleux et rassurant pour un dimanche déprimant. Allez si on poussait un peu on dirait que Bliss est d’utilité publique, alors on pousse un peu et on le clame haut et fort !

Alors voilà, Clémentine est un génie! Alors comment c’est à l’intérieur de sa lampe magique (comprendre: son appartement!) ?


C’est un nid posé au 7e étage, avec vue sur les toits de Paris. Dans chaque recoin de la grande pièce de vie il y un véritable petit univers : un coin Bliss où un micro se cache dans des casiers indus’ (celui-là même qui entend toutes ces histoires de maman). Ce micro qui doit, la nuit, raconter ces stories au piano son voisin. En face d’eux, la vitrine années 60’ où l’on trouve un recueil de poésies « L’adolescence Clémentine ». Et puis une banquette douillette pour réceptionner des enfants avides d’histoires du soir. Enfin, un coin « Bob Dylan » où un mini Bob fricotte avec une enceinte géante qui lui susurre « Tambourine Man ». En somme, quel que soit le coin de la pièce où l’on voudrait se poser, on y trouverai des histoires à écouter…

Et puis ici et là, des lampes chinées, chères à Clémentine, et des objets (parfois improbables !) dénichés au gré des décors de films sur lesquels Julien, son amoureux, a travaillé.

Tout fait sens, mais rien n’est « travaillé », une impro bien sentie. Et surtout : tout à une histoire ! Voilà pourquoi ce nid ressemble si bien à la fille qui y vit !


Long live the Bliss et long live the Clémentine, la prêtresse des histoires!




Comment est venue l’idée de créer « Bliss Stories »?

Ça s’est fait en plusieurs étapes… La première : l’envie de faire quelque chose qui m’appartienne, de faire quelque chose par moi, pour moi, qui donne du sens. Donc je réfléchissais à créer un projet personnel…

En parallèle, j’ai découvert le média podcast, qui est arrivé petit à petit dans ma vie. J’aime bien avoir quelque chose dans les oreilles, j’écoute beaucoup la radio et avec les podcasts j’ai découvert un puit sans fond !

Enfin, l’autre partie inspirante ça a été les rencontres que j’ai pu faire dans mon travail de directrice de casting télé. Coup sur coup, j’ai travaillé sur des émissions sur lesquelles j’ai pu faire la rencontre de personnes très inspirantes. Des entrepreneurs d’abord, puis des influenceurs. Des gens qui ont des idées et qui les transforment en métier ! Ensuite, j’ai fait un casting de sages-femmes. Un univers dans lequel je me sentais parmi les miens. La maternité m’a toujours fasciné ! Moi ça m’a chopé et ça ne m’a jamais quitté. Même avant d’avoir des enfants. C’est un sujet dont je ne me lasse pas,

Donc tout ça mûrissait en moi… Et un jour, en novembre 2017, il y a eu la vraie bascule ! Je suis dans les embouteillages dans ma voiture et j’écoute une influenceuse australienne, que je suis, qui a une vie de catalogue : une famille de surfeurs, blonds, qui vivent pieds nus... Sa vie est fascinante ! Un jour sur Instagram, elle dit qu’elle a répondu à des questions sur ses grossesses et met le lien… Je clique. Et là cette fille commence à parler et sa voix remplie ma voiture : elle s’assied à côté de moi et elle me raconte son histoire comme si on était copines. Là pour le coup c’est un déclic !

Tout ce qui mûrissait depuis quelques mois à travers ces castings… Tout se réunissait en un produit : faire un podcast sur la maternité de filles influentes. Je trouvais génial l’idée de sortir cette influenceuse d’Instagram et de la voir sous un autre jour. Donc je me dis : « ok c’est génial je veux faire ça mais c’est sûr que ça existe déjà ». Je rentre, je couche mes enfants, je tape sur internet « podcast maternité », rien… « Podcast grossesse », non… « Podcast accouchement », non plus. Ça n’existait pas ! Alors il faut savoir qu’il y a 2 ans, le podcast n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. Je me suis dit : « Ça n’existe pas alors je vais le faire ! »

Je crois que le lendemain j’écrivais un dossier pour moi, pour mettre en forme mon projet…

Le surlendemain j’achetais un micro et tout ça s’est passé très vite. En décembre 2017 : j’ai enregistré les histoires de ma cousine, qui a fait un bébé toute seule, et de ma meilleure amie qui a accouché en 1 heure ! . Elles ont été mes cobayes ! Ce qui est dingue c’est que je redécouvrais leur histoire et elles étaient prises dans leur récit. Tu peux demander à n’importe quelle femme de te raconter son accouchement même des années après, elle te raconte tout minute par minute. Ensuite j’ai envoyé dix mails à dix filles que je suivais sur Instagram… Et j’ai eu 9 oui immédiat !


Ces 9 filles, j’ai été les rencontrées et la magie a opéré ! En fait, j’installe mon micro et elles me racontent des trucs qu’elles n’ont parfois raconté à personne. Mais c’est fou, il se passe un truc. De l’ordre de la magie de reconnaissance entre femmes. De savoir qu’on fait toutes partie de la même espèce. Et une vraie envie de transmission qui les anime. Je leur offre un espace pour tout dire. Et en fait ça fait du bien.


« Bliss Stories » était lancé…


A quel moment tu as réalisé l’ampleur que prenait « Bliss Stories »?

J’ai lancé le site et le compte Instagram « Bliss Stories ». J’ai commencé avec 3 histoires pour tester. Après je me suis imposé un rythme d’un épisode tous les 15 jours. Je travaillais le soir et le week-end, je me suis coupée de ma vie sociale. Comme toute personne qui démarre un projet, tu es habitée donc tu ne comptes pas tes heures !

Très vite j’ai commencé à recevoir des centaines de mails. C’était hallucinant. Tous les jours je reçois des tranches de vie, toutes plus bouleversantes les unes que les autres. Des mères qui ont besoin de parler et qui me remercient. J’ai été prise dans un engrenage vertueux, je ne pouvais plus m’arrêter pour elles. Un tel enthousiasme et une telle impatience d’avoir le prochain épisode… J’étais la première surprise. J’ai eu tellement de messages : « J’écoute tous les épisodes de Bliss ! Merci ! », « Pendant ma grossesse, ça m’a porté ! »… Ça créé une chaîne de solidarité entre toutes ces femmes, qui me dépasse et qui fait sens. Moi qui avait envie de bouger les lignes, j’avoue que jamais je n’aurai pu espérer plus belle récompense. Quand une sage-femme te dit qu’elle conseille à ses patientes : « écoutez Bliss ». C’est extraordinaire ! Ça a été un moteur. Ça m’a nourri et me nourrit encore aujourd’hui.

La force d’une communauté c’est dingue, je pensais pas être prise par ce truc à ce point c’est très fort ce qu’il se passe…


Est-ce qu’aujourd’hui, entre ce que tu es et ce que tu fais, tout est relié ?

C’est un projet qui vient tellement de mes tripes que c’est indissociable ! C’est mon 3e enfant. C’est un projet dans lequel j’ai mis énormément de moi, et qui me constitue intégralement aujourd’hui parce que je ne fais plus que ça (Clémentine a quitté son poste de directrice de casting pour se consacrer à Bliss Stories, ndlr). C’est beaucoup de ce que je suis et ça véhicule beaucoup de valeurs que je veux défendre, que je veux porter. Ça raconte des histoires de femmes et d’hommes dont je veux qu’on parle plus. Et si je peux contribuer à ça c’est fantastique. Que mon travail puisse servir à défendre des causes, des nouvelles maternités, parentalités contemporaines. Je suis très fière de ça. Ce travail sert.

Moi qui cherchait un projet qui fasse sens…


Quelles sont les connections entre ta personnalité et ton « chez toi » ?

L’homme qui partage ma vie est ensemblier pour le cinéma : c’est l’un des poste d’une équipe déco sur le tournage d’un film. C’est celui qui va personnaliser les espaces en fonction des personnages : quel rideau ce personnage va choisir ? Dans quelle housse de couette elle va dormir ?… Donc à chaque film qu’il fait, il se plonge dans un univers. Et à chaque fin de film, il récupère des idées, des objets dénichés pour ses tournages.


Alors, forcément on adore tout ce qui a une âme, une histoire ! On aime bien les objets qui ne sont pas là par hasard. On aime les brocantes. Chez nous, il n’y a a pas UN style. On se laisse porter au gré des rencontres… C’est une déco d’expériences et de rencontres, une déco un peu de bric et de broc, pas calculée.

Il y a plein d’éléments chez nous qui sont reliés aux films sur lesquels travaillaient Julien à des moments de nos vies. On s’est rencontré sur un film. Quand Pablo est né (son fils ainé, ndlr), Julien était sur un autre film. A la naissance de ma fille aussi. Ces tournages ont rythmés notre vie de famille et donc les univers de tous ces films ont rythmés notre déco.




Par exemple, ce globe improbable (elle se lève et ouvre le globe : fou rire ! A retrouver en story !)

C’est un distributeur à cigarettes ! On ne s’y attend pas hein ! Et bien ça typiquement c’est un objet qui vient du décor du film « Populaire », sur lequel Julien travaillait quand j’étais enceinte de ma fille. C’est le genre d’objet que je n’aurai jamais acheté mais qui fait partie du décor.




Qu’est-ce qu’il y a de « Bliss Stories» chez toi ?

Je me suis fait un coin Bliss. J’adore être là, à table avec mon ordinateur, ma musique, mon thé… Je vois le ciel et les photos de mes enfants. C’est un lieu qui est la concrétisation de ce projet. Comme on avait pas de bureau, j’ai trouvé cette étagère pour ranger un peu mon matériel d’enregistrement pour Bliss.



Quels sont tes objets fétiches?

Avec Julien, on a un toc sur les lumières : c’est notre névrose ! On se retrouve sur cette névrose ! Plus il y a de sources de lumière et mieux on se porte. Et alors, plus la lampe est ancienne, vintage, à rafistoler, plus on aime !

J’ai aussi une passion pour la matière « tee-shirt », j’ai une housse de couette en cette matière, c’est comme un doudou.





Qu’est-ce qu’on entend chez toi?


On entend beaucoup de musique ou de radio. Le matin c’est France Inter du réveil au départ. On entend beaucoup de musique surtout que Pablo (son fils ainé, ndlr) commence à se faire ses propres playlists…

Sinon quand je travaille ce que j’aime c’est le silence car j’enregistre les « stories » ici, dans mon salon.

Et toujours du Bob Dylan. Julien en est fan. Bob Dylan a rythmé beaucoup de nos premières années… J’ai rencontré Bob Dylan avec Julien. Bob n’est jamais très loin.





Qu’est-ce qu’on sent chez toi?

Ça sent le thé et la tubéreuse. On est des dingues de parfum d’intérieur !


Quelle est la pièce phare de ton appartement?

Il se passe beaucoup de choses sur cette table : c’est le poumon de l’appartement, on y déjeune, j’y travaille, les enfants y font leurs devoirs…

Il y a aussi un rituel immuable : c’est l’histoire du soir sur notre lit. Je ne sais pas jusqu’à quand je vais leur lire des histoires, parce que mon fils lit tout seul maintenant…Mais ce moment de l’histoire du soir, je suis tanquée avec mes deux enfants, chacun sous un bras, ils se peletonnent comme si il voulaient s’incruster en moi…



Des lieux qui t’inspirent ?

J’ai une passion pour les lobbys d’hôtels, les endroits cosy.

The Hoxton Paris par exemple : on y est toujours bien ! (The Hoxton Paris, 30 rue du Sentier 75002 Paris)

L’Hotel Grand Powers aussi, qui est canon. (Hotel Grand Powers, 52 rue François 1er, 75008 Paris)

J’aime le silence, tamisé, de ces endroits, tu es coupé de la rue, du monde… Surtout depuis que je travaille à droite à gauche, ce sont des lieux de travail assez kiffant.


Sinon à titre plus personnel : nous avons une maison de famille à la campagne, dans l’Indre à 3 heures de Paris. C’est une très belle maison dans un endroit paumé qui a été achetée par mes arrières grands parents et qui est lieu de retrouvailles en tribu. On est très clan chez moi ! Ca fait toujours du bien d’y retourner. Les enfants adorent aussi cet endroit.


Tes bonnes adresses déco ?

Les meilleures adresses décos ce sont celles de mon mec !

Brocante Hétéroclite : beaucoup de choses chez nous viennent de là (Brocante Hétéroclite : 111 rue Vaugirard 75006 Paris)

Le bon coin : on y trouve tout ! (www.leboncoin.fr)

Selency : c’est une mine d’or. (www.selency.fr)

Les puces : on aime chiner…


Un intérieur réussi c’est…

C’est un intérieur où tu peux t’avachir dans le canapé, les pieds sur la table basse, avec plein de potes dans ton salon. C’est un intérieur qui vit, où on peut accueillir du monde. J’aime les endroits quand j’arrive chez quelqu’un, j’enlève mes chaussures, je me glisse sous un plaid … Là, ça veut dire qu’on est bien !





Photos by Charlotte Lindet / lindetcharlotte.com

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